IMM1003Éléments d’évaluation immobilière
Le marché de l’habitation au Québec · Chapitre 6

Le cycle récent : pandémie, resserrement, divergence

6.1Depuis 2020 : deux trajectoires irréconciliables#

La figure 6.1 rebase tous les indices à 100 en janvier 2020. L'écart est saisissant : +66,4 % pour la province en six ans et demi — et jusqu'à +139 % en Mauricie — contre +26,4 % pour le Canada. Aucun marché québécois n'a durablement corrigé après 2022 ; la hausse des taux a tout au plus imposé un plateau de dix-huit mois avant la reprise. Ce plateau sans baisse est cohérent avec la rigidité à la baisse des prix immobiliers : les vendeurs, averses aux pertes, préfèrent retirer leur propriété du marché plutôt que d'accepter un prix inférieur à leur référence d'achat (Genesove et Mayer, 2001) — l'ajustement passe alors par les volumes, non par les prix.

Figure du rapport

Figure 6.1 IPP composite rebasé à 100 en janvier 2020, marchés québécois et Canada.

6.2Le glissement annuel : amplitude et persistance#

La figure 6.2 superpose les variations sur 12 mois du Québec et du Canada, et la figure 6.3 détaille les six marchés québécois face à la référence canadienne. Trois observations : (i) le cycle canadien est nettement plus ample, avec des pointes à +23 % (2021) suivies de replis sous 10-10 % ; (ii) le Québec n'a connu que deux brefs épisodes de glissement annuel négatif en vingt ans (2009 et 2023) ; (iii) depuis 2024, les courbes divergent durablement — hausse au Québec, baisse au Canada.

Figure du rapport

Figure 6.2 Variation sur 12 mois de l'IPP composite, Québec et Canada (%), 2006–2026.

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Figure 6.3 Variation sur 12 mois de l'IPP composite, par marché québécois, face à la référence canadienne.

6.3Le pouls trimestriel#

La lecture trimestrielle (figure 6.4, tableau 6.1) confirme la persistance du régime : sur les douze derniers trimestres, la variation trimestrielle canadienne n'a été positive qu'à quatre reprises, quand la variation québécoise n'a été négative que deux fois — et encore, marginalement, au creux saisonnier. La divergence n'est donc pas un artefact de quelques mois exceptionnels : elle est installée dans la fréquence trimestrielle depuis la mi-2023.

Figure du rapport

Figure 6.4 Variation trimestrielle de l'IPP composite, Québec et Canada, douze derniers trimestres.
Tableau 6.1 IPP composite trimestriel, Canada et marchés québécois, quatorze derniers trimestres. Source : ACI/CREA.
TrimestreCanadaQuébecMontréalQuébec (RMR)EstrieMauricieCentre-du-Qc
2023Q1300,0260,8266,3252,5261,3282,4301,0
2023Q2315,0267,6273,0260,7262,4300,0309,8
2023Q3313,3269,6275,2260,9268,7304,5316,2
2023Q4301,2267,2272,1265,5270,5315,1322,1
2024Q1302,2274,1279,5271,6272,7320,2333,9
2024Q2306,3279,7284,5281,1285,9332,6345,4
2024Q3300,7282,1286,4288,0294,1339,0353,8
2024Q4295,7285,6289,7295,3298,0345,5360,2
2025Q1297,7296,6299,3317,1311,6363,1375,1
2025Q2297,4305,3307,6330,1323,1377,5388,4
2025Q3291,1306,1307,2336,7327,9381,6396,6
2025Q4285,7307,4308,0339,5337,0386,4403,0
2026Q1283,4316,2315,8354,5355,5394,0405,8
2026Q2285,6318,3317,5356,5360,8408,3421,5

6.4L'écart au sommet : la correction que le Québec n'a pas eue#

La mesure du repli depuis le sommet historique (figure 6.5, séries désaisonnalisées) résume le cycle 2022–2026 : le Grand Toronto reste -26,1 % sous son pic, le Canada -20,5 %, le Grand Vancouver -12,2 % — tandis que le Québec établit un nouveau sommet en juin 2026. Pour un prêteur ou un investisseur, cette asymétrie du risque de baisse est probablement la statistique la plus importante du document ; elle est détaillée et datée au chapitre 11 (tableau 11.1).

Figure du rapport

Figure 6.5 Écart au sommet historique de l'IPP composite désaisonnalisé (%), 2005–2026.

6.5La photographie de juin 2026 et la fresque 2006–2025#

La figure 6.6 classe les seize marchés selon leur variation sur 12 mois en juin 2026 : les six marchés québécois occupent six des sept premières places (Winnipeg s'intercale), tandis que l'Ontario, la Colombie-Britannique et leurs métropoles sont en territoire négatif. La carte thermique de la figure 6.7 replace cette photographie dans vingt ans d'histoire : boom albertain de 2006–2007 (+41 %), crise de 2008–2009, épisode Vancouver–Toronto de 2016–2017, flambée générale de 2021–2022 — plus persistante dans les régions québécoises, qui alignent deux années à plus de 20 % — puis divergence 2023–2025 : bleu à l'ouest de l'Outaouais, rouge à l'est.

Figure du rapport

Figure 6.6 Variation sur 12 mois de l'IPP composite en juin 2026, seize marchés.

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Figure 6.7 Variation annuelle de l'IPP composite par marché, 2006–2025 (%).
Points clés#

Le cycle 2020–2026 se résume en trois chiffres : +66 % au Québec, +26 % au Canada, 26-26 % pour le Grand Toronto depuis son pic. La correction canadienne est une affaire ontarienne et britanno-colombienne ; à l'est de l'Outaouais, elle n'a tout simplement pas eu lieu.