IMM1003Éléments d’évaluation immobilière
Le marché de l’habitation au Québec · Chapitre 12

Les grands marchés du reste du Canada

Pour situer les résultats québécois, ce chapitre passe en revue six grands marchés hors Québec (figures 12.1 à 12.3, tableau 12.1).

12.1Six trajectoires#

  • Grand Toronto.
    L'épicentre de la correction : 940 800 $ de prix de référence malgré un repli de 26 % depuis février 2022, toujours en cours (5,4-5,4 % sur 12 mois). Sur vingt ans, sa croissance (5,2 % par an) est désormais inférieure à celle de tous les marchés québécois.
  • Grand Vancouver.
    Le marché le plus cher du pays (1 099 100 $) cumule deux corrections : celle de 2017–2019 (16,7-16,7 %, liée aux taxes sur les acheteurs étrangers et au resserrement hypothécaire) et celle, inachevée, d'après 2022 (12,2-12,2 %).
  • Calgary.
    Un cycle de matières premières : boom jusqu'en 2007, correction de 16 % (six ans pour récupérer), décennie blanche, puis rattrapage vigoureux en 2023–2024 — le seul grand marché de l'Ouest proche de son sommet (2,7-2,7 %).
  • Ottawa.
    Un profil « ontarien atténué » : boom pandémique, correction de 14,6 % en 2022, récupération incomplète (9,2-9,2 %).
  • Halifax-Dartmouth.
    Le jumeau atlantique du Québec : prix bas, explosion pandémique (+10 % par an depuis 2020), quasi-retour au sommet (3,2-3,2 %).
  • Winnipeg.
    Le marché le plus « québécois » hors Québec : abordable (403 200 $), régulier (5,9 % par an sur vingt ans, meilleure performance hors Québec), au sommet historique et en hausse (+3,8 %) en juin 2026.

Figure du rapport

Figure 12.1 Six grands marchés hors Québec : IPP composite face au Canada, 2005–2026.

Figure du rapport

Figure 12.2 Six grands marchés hors Québec : écart au sommet historique, 2005–2026.

Figure du rapport

Figure 12.3 Prix de référence composite, six grands marchés hors Québec, milliers de dollars.
Tableau 12.1 Vue d'ensemble des six grands marchés hors Québec, juin 2026. Source : ACI/CREA ; calculs de l'auteur.
MarchéPrix de
référence
IPP
composite
Var.
12 mois
Croiss. ann.
2005–2026
Écart au
sommet
Repli
maximal
Grand Toronto940 800 $298,4-5,4 %+5,2 %-26,1 %-26,3 %
Grand Vancouver1 099 100 $314,4-6,0 %+5,5 %-12,2 %-16,7 %
Calgary576 200 $277,8-0,8 %+4,9 %-2,7 %-16,0 %
Ottawa632 200 $273,0-1,3 %+4,8 %-9,2 %-14,6 %
Halifax-Dartmouth561 300 $322,8-1,4 %+5,6 %-3,2 %-11,3 %
Winnipeg403 200 $339,4+3,8 %+5,9 %0,0 %-9,0 %

12.2Note régionale : Ottawa et l'Outaouais#

Le cas d'Ottawa mérite un mot particulier pour le lecteur de l'Outaouais, dont le marché — Gatineau et sa région — n'est pas publié séparément dans les fichiers utilisés ici, mais gravite autour de la capitale fédérale. Ottawa présente un profil hybride instructif : structurellement plus stable que Toronto (emploi public dominant, moins d'investisseurs), il a néanmoins suivi le cycle ontarien lors du resserrement — correction de 14,6 % en 2022, récupération incomplète (9,2-9,2 % en juin 2026) — quand les marchés québécois voisins établissaient de nouveaux sommets. La rivière des Outaouais matérialise ainsi, à l'échelle d'une même agglomération transfrontalière, la frontière entre les deux régimes documentés dans ce rapport : côté ontarien, le cycle national ; côté québécois, le régime provincial. Pour l'analyse du marché gatinois, la prudence commande donc de croiser les deux références — Ottawa pour la demande locale (navettage, revenus), le bloc québécois pour la dynamique des prix.

Points clés#

La géographie canadienne du logement en 2026 oppose moins l'Est et l'Ouest que les marchés chers et endettés (Toronto, Vancouver, Ottawa), en correction prolongée, aux marchés abordables (Québec, Winnipeg, Halifax, Calgary dans une moindre mesure), au sommet ou proches de l'être. Le niveau de prix initial — donc l'endettement nécessaire pour y accéder — apparaît comme le meilleur prédicteur de la sévérité de la correction 2022–2026.