IMM1003Éléments d’évaluation immobilière
Le marché de l’habitation au Québec · Chapitre 10

La saisonnalité des prix

10.1Le rythme annuel du marché provincial#

L'écart moyen entre l'indice brut et l'indice désaisonnalisé (figure 10.1) quantifie le « rythme annuel » du marché québécois : les prix culminent au printemps (avril : 1,2 % au-dessus de la tendance) et creusent en fin d'année (décembre : -1,1 %). L'amplitude totale, d'environ 2,3 points de pourcentage, n'est pas anecdotique : elle est du même ordre qu'une demi-année de croissance tendancielle. Cette saisonnalité des prix — et non seulement des volumes — est un fait stylisé robuste des marchés du logement : au Royaume-Uni comme aux États-Unis, Ngai et Tenreyro (2014) documentent des « saisons chaudes » où prix et transactions augmentent de concert, et l'expliquent par l'épaisseur du marché — au printemps, l'abondance simultanée d'acheteurs et de vendeurs améliore la qualité des appariements, ce que les acheteurs paient.

Figure du rapport

Figure 10.1 Facteur saisonnier moyen de l'IPP composite québécois, par mois, 2005–2026.

10.2Une géographie de la saisonnalité#

La carte thermique de la figure 10.2 et le tableau B.6 (annexe) révèlent que cette saisonnalité est fortement différenciée : discrète dans les grands marchés liquides (amplitude d'environ 2 points à Montréal et dans la province), elle est deux fois plus marquée dans les marchés de villégiature et les petits marchés — jusqu'à 3,9 points en Estrie (+2,6 en juin, 1,3-1,3 hors saison) et 4,1 points au Centre-du-Québec. La comparaison des deux RMR (figure 10.3) montre par ailleurs un printemps plus précoce et plus ample à Québec qu'à Montréal, et un creux de décembre nettement plus profond dans la métropole.

Figure du rapport

Figure 10.2 Facteur saisonnier moyen par mois et par marché québécois, 2005–2026.

Figure du rapport

Figure 10.3 Facteur saisonnier moyen, RMR de Montréal et RMR de Québec.
Points clés#

Deux implications pratiques : (i) toute comparaison de prix entre saisons doit s'appuyer sur les séries désaisonnalisées — une « hausse » d'avril et une « baisse » de décembre peuvent n'être que le calendrier ; (ii) pour un même bien, l'écart vendeur–acheteur entre avril et décembre représente 2 à 4 % du prix selon le marché — plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de dollars.