IMM1003Éléments d’évaluation immobilière
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Toutes les définitions

Les 87 définitions numérotées du manuel, séance par séance — les formulations attendues aux examens.

1Introduction à l'évaluation immobilière

Définition 1.1— évaluation immobilière

L'évaluation immobilière est l'acte de déterminer la valeur d'un droit de propriété immobilière à une date donnée, en tenant compte des conditions du marché, par un professionnel qualifié et indépendant.

Définition 1.2— évaluateur agréé

L'évaluateur agréé (É.A.) est un professionnel membre de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec (OEAQ), seul autorisé à porter ce titre et à émettre une opinion professionnelle sur la valeur d'un bien immobilier.

Définition 1.3— ratio prêt/valeur

Le ratio prêt/valeur (RPV) est le rapport entre le montant du prêt hypothécaire et la valeur retenue de la propriété :

2Le cadre professionnel au Québec

Définition 2.1— mission de l'OEAQ

L'Ordre des évaluateurs agréés du Québec a pour mission première la protection du public. Il s'assure que ses membres exercent leur profession avec compétence, intégrité et conformément aux normes établies.

Définition 2.2— formation continue obligatoire

Tout évaluateur agréé doit accumuler 30 heures de formation continue par période de référence de deux ans, conformément au Règlement sur la formation continue obligatoire des membres de l'OEAQ (RLRQ, c. C-26, r. 127.1) (Québec, 2023).

Définition 2.3— inspection professionnelle

L'inspection professionnelle est le mécanisme préventif par lequel l'Ordre vérifie la qualité de la pratique de ses membres. Elle vise à corriger et améliorer, non à punir.

Définition 2.4— Code de déontologie

Le Code de déontologie des membres de l'OEAQ établit les obligations éthiques et professionnelles de tout évaluateur agréé envers le public, ses clients et la profession (RLRQ, c. C-26, r. 123) (Québec, 2012).

Définition 2.5— normes de pratique de l'OEAQ

Les normes de pratique établissent les exigences minimales que doit respecter tout évaluateur agréé, notamment quant au contenu et à la qualité des rapports.

Définition 2.6— obligation de moyens

L'évaluateur est tenu à une obligation de moyens, non de résultat : il ne garantit pas que sa valeur sera « la bonne », mais il s'engage à agir comme un professionnel prudent et diligent placé dans les mêmes circonstances. Une valeur qui s'avère erronée n'est fautive que si la démarche pour y parvenir était déficiente.

Définition 2.7— FARP

Tout évaluateur agréé doit souscrire au Fonds d'assurance de la responsabilité professionnelle (FARP) de l'OEAQ, sauf dispense réglementaire (RLRQ, c. C-26, r. 131). La garantie est de 2 000 000 $ par sinistre et pour l'ensemble des sinistres d'une période de garantie.

Définition 2.8— les trois référentiels

Au Québec, les normes applicables aux évaluateurs agréés sont les Normes de pratique professionnelle de l'OEAQ. Le CUSPAP (Canadian Uniform Standards of Professional Appraisal Practice) de l'Institut canadien des évaluateurs (AIC) s'applique aux membres de l'AIC partout au Canada, Québec inclus. L'USPAP (Uniform Standards of Professional Appraisal Practice) est la référence américaine (Ordre des évaluateurs agréés du Québec, 2024; Appraisal Institute of Canada, 2026; Appraisal Standards Board, 2024).

3Les principes fondamentaux de l'évaluation

Définition 3.1— principe de l'offre et de la demande

La valeur d'un bien immobilier est déterminée par l'interaction entre l'offre (quantité de biens disponibles) et la demande (désir et capacité des acheteurs d'acquérir ces biens) sur un marché donné, à un moment donné.

Définition 3.2— prix d'équilibre

Le prix d'équilibre (PP^*) est celui auquel la quantité offerte égale la quantité demandée. C'est le prix vers lequel tend le marché en l'absence de perturbations externes.

Définition 3.3— élasticité

L'élasticité mesure la sensibilité de la quantité offerte (ou demandée) à une variation du prix. En immobilier, l'offre est généralement inélastique à court terme, car la construction prend du temps.

Définition 3.4— principe de substitution

Un acheteur prudent et informé ne paiera pas plus pour un bien immobilier que le coût d'acquisition d'un bien substitut offrant une utilité équivalente, que ce soit par achat, construction ou location.

Définition 3.5— utilisation optimale

L'utilisation optimale (highest and best use) est l'utilisation raisonnablement probable d'un bien immobilier qui est légalement permise, physiquement possible, financièrement faisable et qui produit la valeur la plus élevée (maximalement productive).

Définition 3.6— principe d'anticipation

La valeur d'un bien immobilier est fonction des bénéfices futurs anticipés (revenus, jouissance, plus-value) que le propriétaire s'attend à en retirer. La valeur est tournée vers l'avenir, non vers le passé.

Définition 3.7— principe de changement

Les conditions du marché immobilier sont en constante évolution. La valeur d'un bien reflète les conditions existantes et anticipées à une date précise. Les forces qui influencent la valeur changent continuellement.

Définition 3.8— principe de contribution

La valeur d'une composante d'un bien se mesure par sa contribution à la valeur totale du bien, et non par son coût de construction ou d'installation.

Définition 3.9— principe de conformité

Un bien atteint sa valeur maximale dans un environnement où les usages sont homogènes et compatibles. La conformité au voisinage favorise la stabilité et la croissance de la valeur.

Définition 3.10— principe d'équilibre

La valeur maximale est atteinte lorsqu'il y a équilibre optimal entre les quatre agents de production immobilière : le terrain, le travail (main-d'œuvre), le capital et la gestion (coordination, entrepreneuriat).

Définition 3.11— rendements décroissants

Au-delà d'un certain point, des investissements additionnels dans un bien produisent des augmentations de valeur de plus en plus faibles, puis éventuellement des rendements négatifs (suréquipement).

Définition 3.12— principe des externalités

La valeur d'un bien est influencée par des facteurs extérieurs au bien lui-même, positifs (ils augmentent la valeur) ou négatifs (ils la diminuent).

Définition 3.13— principe de la concurrence

Lorsque les profits d'un segment de marché sont élevés, ils attirent de nouveaux développeurs et investisseurs, ce qui augmente l'offre et finit par réduire les profits et stabiliser les prix.

4La valeur : concepts et types

Définition 4.1— valeur marchande (OEAQ)

La valeur marchande est le prix le plus probable qu'un bien immobilier devrait atteindre dans un marché ouvert et concurrentiel, sous toutes les conditions requises pour une transaction équitable, l'acheteur et le vendeur agissant chacun de manière prudente, informée et sans contrainte, et en supposant que le prix n'est pas affecté par un financement ou une condition de vente particulière.

Définition 4.2— valeur d'assurance

La valeur d'assurance est le coût de remplacement ou de reconstruction des améliorations (bâtiments) uniquement, à neuf, en cas de sinistre. Elle exclut le terrain, puisque celui-ci n'est pas détruit par un incendie ou une catastrophe.

Définition 4.3— valeur fiscale

La valeur fiscale est la valeur réelle d'un immeuble inscrite au rôle d'évaluation foncière municipal, servant de base au calcul des taxes foncières. Au Québec, elle est établie conformément à la Loi sur la fiscalité municipale (art. 43 LFM).

Définition 4.4— valeur liquidative

La valeur liquidative est le prix qu'un bien immobilier est susceptible d'atteindre lors d'une vente forcée, dans un délai restreint, souvent dans le cadre d'une faillite, d'une saisie hypothécaire ou d'une succession urgente.

Définition 4.5— valeur d'investissement

La valeur d'investissement est la valeur d'un bien immobilier pour un investisseur spécifique, fondée sur ses critères personnels de rendement, sa situation fiscale, son financement et ses objectifs. Elle est subjective et peut différer de la valeur marchande.

Définition 4.6— valeur d'utilisation

La valeur d'utilisation est la valeur d'un bien pour un usage spécifique, qui peut différer de l'utilisation optimale reconnue par le marché. Elle s'applique surtout aux biens à usage unique ou spécialisé.

Définition 4.7— valeur hypothécaire

La valeur hypothécaire (ou valeur prêtable) est la valeur retenue par le prêteur pour établir le montant maximal du prêt garanti par l'immeuble. Elle est généralement conservatrice par rapport à la valeur marchande.

Définition 4.8— valeur réelle (art. 43 LFM)

« La valeur réelle d'une unité d'évaluation est sa valeur d'échange sur un marché libre et ouvert à la concurrence, soit le prix le plus probable qui peut être payé lors d'une vente de gré à gré dans les conditions suivantes : le vendeur et l'acheteur désirent respectivement vendre et acheter, sans y être forcés, et agissent avec prudence. »

5Le marché immobilier québécois

Définition 5.1— marché immobilier

Le marché immobilier est l'ensemble des mécanismes par lesquels des droits de propriété immobilière sont échangés, des prix sont établis et l'espace est alloué entre différents usages concurrents.

Définition 5.2— cycle immobilier

Le cycle immobilier est la fluctuation récurrente de l'activité et des prix, composée de phases successives d'expansion, de sommet, de contraction et de creux. Au Canada, un cycle complet dure en moyenne 7 à 12 ans.

Définition 5.3— taux directeur

Le taux directeur de la Banque du Canada est le taux d'intérêt cible auquel les grandes institutions financières se prêtent des fonds pour une durée d'un jour. Il influence directement les taux hypothécaires. Au 15 juillet 2026, il est maintenu à 2,25 %.

Définition 5.4— indice des conditions de marché (APCIQ/Centris)

Rapport entre les ventes et les nouvelles inscriptions d'une période, utilisé pour qualifier l'état du marché : marché d'acheteurs (ratio << 40 %), marché équilibré (40–60 %), marché de vendeurs (ratio >> 60 %).

6Collecte et analyse des données

Définition 6.1— principe fondamental de la collecte

La qualité d'une évaluation repose directement sur la qualité, la pertinence et la fiabilité des données recueillies. L'évaluateur doit collecter des données suffisantes pour appuyer chacune de ses analyses et conclusions.

Définition 6.2— Registre foncier

Le Registre foncier du Québec (Bureau de la publicité des droits, aujourd'hui sous la responsabilité du ministère des Ressources naturelles et des Forêts) est le registre public qui assure la publicité des droits réels immobiliers. C'est la source primaire pour confirmer les droits de propriété et les conditions des transactions.

Définition 6.3— Centris

Centris est la plateforme de mise en marché des propriétés au Québec, gérée par l'APCIQ — l'équivalent québécois du système MLS (Multiple Listing Service). C'est la source la plus complète de données transactionnelles résidentielles.

Définition 6.4— rôle d'évaluation

Le rôle d'évaluation est le document officiel préparé par les municipalités (ou les MRC) qui attribue une valeur foncière à chaque propriété aux fins de la taxation municipale. Il est révisé tous les trois ans au Québec.

Définition 6.5— description légale

La description légale du bien-fonds est son identification officielle et unique dans les registres publics, suffisamment précise pour le distinguer de tout autre immeuble.

Définition 6.6— servitude (art. 1177 C.c.Q.)

Une servitude est une charge imposée sur un immeuble (le fonds servant) en faveur d'un autre immeuble (le fonds dominant). Elle peut être réelle (liée au terrain) ou personnelle (liée à une personne).

Définition 6.7— certificat de localisation

Le certificat de localisation est un document d'arpentage, préparé par un arpenteur-géomètre, qui montre l'état actuel d'un immeuble par rapport aux titres de propriété, au cadastre et aux règlements municipaux.

Définition 6.8— vente comparable

Un comparable est une propriété ayant fait l'objet d'une transaction récente et possédant des caractéristiques similaires au bien-fonds évalué, permettant d'en tirer des indications de valeur par comparaison.

Définition 6.9— confirmation des ventes

La confirmation des ventes consiste à vérifier les détails d'une transaction auprès de sources fiables pour s'assurer que les données sont exactes et que la vente reflète les conditions normales du marché.

7Examen mi-session : révision des blocs 1 et 2

Définition 7.1— l'évaluateur agréé

L'évaluateur agréé (É.A.) est un professionnel membre de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec (OEAQ), autorisé à émettre une opinion indépendante et motivée sur la valeur d'un bien immobilier. Son titre est réservé en vertu du Code des professions (RLRQ, c. C-26).

Définition 7.2— l'utilisation optimale (HBU)

L'utilisation optimale (highest and best use) est l'usage qui satisfait cumulativement quatre critères : (1) légalement permis; (2) physiquement possible; (3) financièrement faisable; (4) maximalement productif parmi les usages admissibles.

Définition 7.3— la valeur marchande — formulation exigible

La valeur marchande est le prix le plus probable qu'un bien devrait atteindre dans un marché ouvert et concurrentiel, entre un acheteur et un vendeur consentants, informés et prudents, agissant dans leur meilleur intérêt, sans pression indue, après un délai de mise en marché raisonnable.

8La méthode de comparaison — Partie 1 : principes et sélection des comparables

Définition 8.1— méthode de comparaison

La méthode de comparaison (Sales Comparison Approach) estime la valeur d'un bien en le comparant à des biens similaires récemment vendus sur le même marché. Les prix de vente des comparables sont ajustés pour refléter leurs différences avec le bien sujet, afin d'en déduire une indication de valeur.

Définition 8.2— principe de substitution appliqué à la comparaison

Un acheteur rationnel et informé ne paiera pas plus pour un bien que le coût d'acquisition d'un substitut équivalent offrant la même utilité. La valeur d'un bien est donc bornée par les prix payés pour des biens comparables sur le marché.

Définition 8.3— comparable idéal

Un comparable idéal est une propriété identique au bien sujet, vendue récemment, dans des conditions de marché normales, dans le même secteur. Comme il n'existe à peu près jamais, on recherche en pratique les biens les plus similaires possible, en acceptant que chaque différence résiduelle devra être ajustée.

Définition 8.4— ajustement temporel

L'ajustement temporel corrige le prix d'un comparable pour refléter l'évolution du marché entre sa date de vente et la date d'évaluation. C'est un ajustement transactionnel, appliqué avant les ajustements de propriété.

9La méthode de comparaison — Partie 2 : ajustements et réconciliation

Définition 9.1— le rôle d'un ajustement

Aucun comparable n'est identique au sujet. Un ajustement transforme le prix de vente d'un comparable pour refléter ce qu'il aurait valu s'il avait été identique au sujet à la date d'évaluation.

Définition 9.2— analyse par paires

L'analyse par paires (paired sales analysis) isole la valeur d'un élément en comparant deux ventes identiques en tout sauf cet élément : l'écart de prix mesure la contribution marchande de l'élément.

Définition 9.3— ajustements net et brut

L'ajustement net d'un comparable est la somme algébrique de ses ajustements (les signes se compensent); l'ajustement brut est la somme des valeurs absolues (rien ne se compense). Tous deux s'expriment en pourcentage du prix de vente. Repères usuels : net 15%\leq 15\,\%, brut 25%\leq 25\,\%.

Définition 9.4— réconciliation

La réconciliation est le processus par lequel l'évaluateur analyse les indications de valeur des comparables ajustés et formule une conclusion finale — valeur ponctuelle ou fourchette. Ce n'est pas une moyenne arithmétique : c'est un jugement professionnel fondé sur la fiabilité relative de chaque indication.

10La méthode du coût

Définition 10.1— principe de substitution appliqué au coût

Un acheteur rationnel ne paiera pas plus pour une propriété existante que le coût de construire un substitut équivalent, à condition que le délai de construction soit acceptable et qu'aucune perte d'opportunité ne soit encourue.

Définition 10.2— coût de remplacement

Coût de construire un bâtiment ayant la même utilité que le sujet, en utilisant les matériaux, normes et techniques actuels.

Définition 10.3— coût de reproduction

Coût de construire une réplique exacte du bâtiment sujet, avec les mêmes matériaux, le même design et les mêmes techniques de construction.

Définition 10.4— coûts directs (durs)

Coûts directement liés à la construction physique du bâtiment : main-d'œuvre (au Québec, encadrée par les conventions de la CCQ), matériaux, équipement de chantier, sous-traitants spécialisés, excavation et fondations, branchements aux services (eau, égout, électricité). Ils représentent typiquement 65 à 80 % du coût total.

Définition 10.5— coûts indirects (mous)

Coûts non liés directement à la construction physique : honoraires professionnels (architecte, ingénieur), permis, frais légaux et notariaux, financement intérimaire, taxes et assurances durant le chantier, gestion de projet. Typiquement 10 à 25 % du coût total.

Définition 10.6— profit de l'entrepreneur / du promoteur

Rémunération du risque et de la coordination du projet, ajoutée aux coûts directs et indirects. Typiquement 5 à 15 %, selon le marché et le type de projet.

Définition 10.7— dépréciation

La dépréciation est la perte de valeur d'un bâtiment par rapport à son coût de remplacement (ou de reproduction) à neuf, quelle qu'en soit la cause.

Définition 10.8— dépréciation curable

La correction est économiquement justifiable : le coût de la réparation est inférieur ou égal à la valeur qu'elle ajoute.

Définition 10.9— dépréciation incurable

La correction n'est pas économiquement justifiable : le coût de la réparation dépasse la valeur ajoutée, ou la réparation est matériellement impossible.

Définition 10.10— entretien différé

La dépréciation physique curable correspond à l'entretien différé : les travaux de réparation nécessaires et économiquement justifiables au jour de l'évaluation. Elle se mesure par le coût de la réparation.

Définition 10.11— âge chronologique, âge effectif, vie utile

L'âge chronologique est le nombre d'années écoulées depuis la construction. L'âge effectif est l'âge apparent du bâtiment compte tenu de son état réel et de son entretien — il peut être inférieur, égal ou supérieur à l'âge chronologique. La vie utile restante est la vie utile totale moins l'âge effectif.

Définition 10.12— fonctionnelle curable

Obsolescence interne dont la correction est économiquement justifiable. Mesure : coût de la mise à jour, moins la valeur récupérable de ce qui est enlevé.

Définition 10.13— fonctionnelle incurable

Obsolescence interne dont la correction n'est pas justifiable économiquement. Mesure : perte de revenu ou de valeur capitalisée.

Définition 10.14— dépréciation économique

Perte de valeur causée par des facteurs extérieurs au bâtiment et au terrain, sur lesquels le propriétaire n'a aucun contrôle. Elle est, par nature, toujours incurable : on ne « répare » pas une autoroute.

Définition 10.15— postulat du terrain vacant

Dans la méthode du coût, le terrain est évalué comme s'il était vacant et disponible pour son utilisation optimale. Le terrain ne se déprécie pas : seules les améliorations (bâtiments) se déprécient.

11La méthode du revenu — Partie 1 : du revenu brut au RNE

Définition 11.1— principe fondamental de la méthode du revenu

La valeur d'un immeuble à revenus correspond à la valeur présente des bénéfices futurs que cet immeuble peut générer pour son propriétaire. Un investisseur rationnel paie en fonction de la capacité de l'immeuble à produire des revenus nets.

Définition 11.2— capitalisation directe

Convertit le RNE stabilisé d'une seule année en valeur : V=RNE/TGAV = \text{RNE}/\text{TGA}. Simple et rapide, elle suppose des revenus et des dépenses stables et s'appuie sur des comparables fiables (ventes d'immeubles à revenus dont on connaît le RNE).

Définition 11.3— actualisation des flux monétaires (DCF)

Actualise chaque flux futur sur une période de détention (5 à 10 ans), plus la valeur de revente :

V  =  t=1nCFt(1+r)t  +  Vn(1+r)n(11.2)V \;=\; \sum_{t=1}^{n} \frac{CF_t}{(1+r)^t} \;+\; \frac{V_n}{(1+r)^n}\tag{11.2}

Plus complexe mais plus flexible, elle admet des revenus et des dépenses variables d'une année à l'autre.

Définition 11.4— revenu brut potentiel

Le revenu brut potentiel (RBP) est le revenu total que l'immeuble pourrait générer si tous les logements étaient loués à 100 % aux loyers du marché, sans aucune perte.

Définition 11.5— loyer du marché vs loyer contractuel

Le loyer du marché est celui qu'obtiendrait chaque logement s'il était mis en location aujourd'hui, établi à partir des comparables; il reflète l'offre et la demande actuelles. Le loyer contractuel est celui que paie réellement le locataire selon le bail en vigueur.

Définition 11.6— dépenses fixes

Dépenses qui ne varient pas (ou peu) avec le taux d'occupation : taxes foncières (municipales et scolaires) et assurances (immeuble et responsabilité civile).

Définition 11.7— dépenses variables

Dépenses qui fluctuent avec l'occupation ou l'utilisation : entretien et réparations, énergie des espaces communs, gestion immobilière, conciergerie, déneigement, entretien paysager, publicité et mise en location.

Définition 11.8— réserve pour remplacement

Provision annuelle pour le remplacement des composantes à durée de vie limitée (toiture, fenêtres, chauffe-eau, électroménagers). Typiquement 2 à 5 % du RBE. Aussi appelée « réserve structurale ».

Définition 11.9— normalisation et stabilisation

Normaliser : ajuster revenus et dépenses pour refléter ce qui est typique du marché et de l'immeuble (éliminer le non-récurrent, corriger le sous- ou surestimé, appliquer les taux de marché, recouper avec les ratios). Stabiliser : projeter un RNE représentatif d'une année typique — ni la meilleure ni la pire —, à taux d'occupation normal et à dépenses normales. C'est ce RNE stabilisé, et lui seul, que capitalise la méthode directe.

Définition 11.10— Tribunal administratif du logement

Le TAL (anciennement la Régie du logement, jusqu'en 2020) encadre les relations entre locateurs et locataires pour les logements résidentiels au Québec. Il fixe les augmentations de loyer en cas de désaccord, autorise ou refuse les reprises de logement, tranche les litiges, ordonne des réparations et autorise les résiliations de bail.

12La méthode du revenu — Partie 2 : le taux et le DCF

Définition 12.1— taux global d'actualisation (TGA)

Le TGA (aussi appelé taux de capitalisation ou cap rate) est le ratio entre le revenu net d'exploitation (RNE) et le prix de vente (ou la valeur) d'un immeuble à revenus :

TGA  =  RNEPrix de vente (ou valeur)(12.1)\text{TGA} \;=\; \frac{\text{RNE}}{\text{Prix de vente (ou valeur)}}\tag{12.1}
Définition 12.2— valeur temps de l'argent

Un dollar reçu aujourd'hui vaut plus qu'un dollar reçu demain, car il peut être investi et générer un rendement. L'actualisation ramène les flux futurs à leur valeur présente :

FV=PV×(1+r)nPV=FV(1+r)n(12.5)FV = PV \times (1+r)^n \qquad\Longleftrightarrow\qquad PV = \frac{FV}{(1+r)^n}\tag{12.5}

13Le rapport d'évaluation

Définition 13.1— rapport d'évaluation

Le rapport d'évaluation est le document écrit par lequel l'évaluateur agréé communique à son client les résultats de son analyse, son opinion motivée de la valeur et les fondements sur lesquels elle repose, conformément aux Normes de pratique professionnelle de l'OEAQ.

Définition 13.2— utilisation optimale (highest and best use)

L'utilisation optimale est l'usage raisonnablement probable et légalement permis d'un bien, qui est physiquement possible, financièrement faisable et qui produit la valeur la plus élevée.

Définition 13.3— obligation de conservation

Le dossier d'évaluation doit être conservé au moins cinq ans (Règlement sur la tenue des dossiers et des cabinets de consultation de l'OEAQ), sur support papier ou électronique sécurisé. Le CUSPAP prescrit également sa propre durée minimale pour les membres de l'AIC.

14Révision générale et cas intégrateur

Définition 14.1— immeuble sujet du cas

Immeuble mixte sis au 250, boulevard Saint-Joseph, Gatineau (Québec) ; lot 2 345 678 du cadastre du Québec ; zonage C-2 (commercial et résidentiel). Terrain de 800 m2 (20 m ×\times 40 m) ; superficie totale brute de 980 m2 ; construction 2008, bon état, entretien régulier ; valeur au rôle 2026–2028 : 1 450 000 $.