IMM1003Éléments d’évaluation immobilière
Le marché de l’habitation au Québec · Chapitre 14

Dix faits stylisés du marché québécois

Avant la synthèse, ce chapitre condense l'analyse en dix faits stylisés — des régularités empiriques suffisamment robustes pour servir de points d'ancrage à l'analyse, à l'enseignement et à la décision.

  1. Le Québec est un marché de faible bêta. Sur 2010–2026, le bêta des variations mensuelles québécoises sur les variations canadiennes est en moyenne de 0,26 (figure 11.4) : le Québec n'encaisse qu'un quart des mouvements du marché national.
  2. Les corrections québécoises sont courtes et peu profondes. Pire épisode en vingt et un ans : 7,5-7,5 % sur neuf mois (RMR de Montréal, 2022–2023), récupéré en deux ans ; contre 26-26 % sur 51 mois, toujours ouvert, pour le Grand Toronto (tableau 11.1).
  3. La croissance québécoise est plus régulière, pas plus faible. Sur vingt ans, la CAM québécoise (5,6 %) dépasse la canadienne (5,0 %) avec un écart-type mensuel inférieur d'un tiers (0,66 % contre 0,95 %, figure 11.2).
  4. Les quatre meilleurs marchés canadiens sur vingt ans sont québécois — Centre-du-Québec, Mauricie, Estrie, RMR de Québec (figure 4.4) — un fait presque toujours ignoré du discours public, focalisé sur Toronto et Vancouver.
  5. La pandémie a inversé la hiérarchie spatiale. Avant 2020, la croissance décroissait du centre vers la périphérie ; depuis, c'est l'inverse, au Québec (figure 4.5) comme dans le reste de l'Amérique du Nord (Ramani et Bloom, 2021; Gupta et al., 2022).
  6. Le choc de taux de 2022 n'a pas d'effet uniforme : il est proportionnel au prix initial. De 26-26 % (Toronto) à un plateau (Québec), la sévérité de la correction suit le niveau d'endettement qu'impose le prix d'entrée (chapitres 7 et 13).
  7. La copropriété sous-performe structurellement. Ratio appartement/unifamiliale : de 100 à 78–81 selon le marché en vingt ans (figure 9.2) ; c'est le seul segment où le Québec ne domine pas nettement le Canada.
  8. Les prix québécois ont un rythme saisonnier de 2 à 4 points d'amplitude, culminant en avril–juin et creusant en novembre–décembre, deux fois plus marqué dans les marchés de villégiature (figure 10.2) — cohérent avec la théorie de l'épaisseur de marché (Ngai et Tenreyro, 2014).
  9. Le cycle québécois n'est pas le cycle canadien. Corrélation Montréal–Toronto : 0,54 ; RMR de Québec–Toronto : 0,03-0{,}03 ; cohésion interne du bloc québécois : 0,63 à 0,99 (figure 11.5).
  10. La hausse québécoise est réelle. Déflaté par l'IPC, l'indice provincial vaut 1,9 fois son niveau de 2005 (3,3 % par an en termes réels, figure 7.2) — il ne s'agit pas d'une illusion monétaire.